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Pêcher le thon jaune dans le Darién : une aventure au bout du monde

Photo du rédacteur: Alexis Pageau
Alexis Pageau
il y a 7 heures
5 min de lecture



À la découverte du Darién

Ça a été, sans aucun doute, un des combats les plus intenses de ma vie. Au bout de ma ligne, un thon jaune capable de dépasser 250 livres. Devant moi, une mer complètement sauvage. Derrière, l’immensité de la jungle du Darién Gap.

Je ne suis toutefois pas allé dans le Darién uniquement pour relever un défi personnel. Mon objectif était de découvrir et d’évaluer une nouvelle destination pour AHTI Voyage. Avant de proposer un voyage, je veux l’avoir vécu personnellement. Je veux comprendre la logistique, rencontrer l’équipe, découvrir les installations et surtout confirmer la qualité réelle de la pêche.

Pour cette mission de repérage, j’étais accompagné de mon ami Simon Sylvestre, ainsi que d’une équipe de tournage chargée de documenter toute l’aventure. Ensemble, nous avons découvert le lodge, parcouru les différentes zones de pêche et vécu toute l’intensité que le Darién peut offrir.

De Medellín jusqu’aux portes du Darién Gap

Notre voyage commence à Medellín par un vol d’environ une heure qui nous fait survoler la canopée colombienne. Pendant presque tout le trajet, nous ne voyons aucune route, aucune ville et très peu d’habitations. Il n’y a pratiquement que la forêt, immense et continue.

À l’atterrissage, la jungle laisse place à une côte sauvage qui s’étend à perte de vue. Un bateau nous attend, puisque la route se termine ici et que la seule façon de rejoindre le lodge est maintenant par l’eau. Nous longeons le littoral jusqu’à ce que le Darien Lodge apparaisse au milieu de la végétation. Après avoir traversé un territoire presque inhabité, nous découvrons un lodge confortable installé aux portes du mythique Darién Gap.



Un lodge au bout du monde


Une fois sur place, nous réalisons à quel point le lodge est isolé. D’un côté, il y a l’océan. De l’autre, une jungle immense qui marque l’entrée du Darién Gap. Nous nous sentons réellement loin de tout.
Ce qui nous surprend le plus, c’est de retrouver autant de confort dans un environnement aussi sauvage. Après une longue journée sur l’eau, le lodge devient un véritable refuge où nous pouvons récupérer avant de repartir pêcher le lendemain matin.

Le lodge est installé dans un endroit stratégique pour deux raisons. D’abord, son isolement et les mesures de gestion qui interdisent la pêche industrielle dans la zone côtière contribuent à réduire la pression de pêche. Ensuite, la pente vers les eaux profondes se trouve à quelques milles seulement du rivage.

De janvier à avril, les vents favorisent un phénomène d’upwelling qui fait remonter des eaux plus froides et riches en nutriments dans la région. Ce phénomène peut stimuler la production de plancton et soutenir le réseau alimentaire marin, même si son intensité et ses effets varient d’une année à l’autre. Entre mai et juin, la circulation change, l’eau se réchauffe et les pluies augmentent les apports d’eau douce le long de la côte. Les zones de rencontre entre ces masses d’eau peuvent concentrer le plancton et les poissons fourrage. Comme les eaux profondes se trouvent à quelques milles du rivage, les thons jaunes et plusieurs autres grands prédateurs pélagiques peuvent venir chasser très près de la côte.


Une pêche qui combine le côtier et le large


Cette proximité avec les eaux profondes nous permet de profiter de deux expériences au cours du même voyage. Près de la côte, nous pouvons rechercher le roosterfish, le cubera snapper et plusieurs autres espèces puissantes. Plus au large, les possibilités comprennent notamment le marlin, le voilier et le thon jaune.

Cette diversité faisait partie des éléments que nous voulions absolument confirmer pendant notre séjour. Une destination capable d’offrir plusieurs styles de pêche et différentes espèces donne beaucoup plus de possibilités au groupe, particulièrement lorsque les conditions changent.

Quand la surface explose sous les bancs de thons


Parmi toutes les espèces présentes, rien ne nous a autant marqués que les thons jaunes lorsqu’ils entrent dans une frénésie alimentaire. Nous pouvons repérer les bancs à des centaines de mètres lorsqu’ils pourchassent d’immenses bancs de petits poissons fourrage, souvent appelés sardines dans la région.
Les thons traversent ces bancs avec une vitesse et une puissance difficiles à imaginer avant de les avoir vus de proche.
Pour nous, c’est un des spectacles naturels les plus impressionnants que l’océan puisse offrir.
Dès qu’un banc est repéré, le rythme change complètement. Le capitaine accélère pour nous placer à portée de lancer avant que les poissons disparaissent. Nous devons alors déposer nos leurres directement dans la frénésie, avec l’excitation de savoir qu’une véritable torpille peut les attaquer à tout moment.


Face à face avec la puissance brute du Pacifique


Lorsque l’attaque arrive, elle est violente et sans hésitation. En quelques secondes, la ligne disparaît et le véritable combat commence. Selon le poids du poisson, les conditions, le matériel utilisé et l’expérience du pêcheur, il peut durer de 45 minutes à deux heures.

Pendant tout ce temps, nous devons maintenir une pression constante. Le thon utilise sa puissance, son poids et la profondeur pour reprendre du fil. À mesure que la fatigue s’installe, chaque mouvement demande plus d’effort et la moindre erreur peut mettre fin au combat.

Quand le poisson arrive enfin près du bateau, la pression est à son maximum. Après un combat aussi long, nous savons que tout peut encore basculer dans les derniers instants. Ce n’est qu’une fois le poisson dans le bateau que toute la tension retombe. Le tenir enfin entre nos mains nous procure un mélange d’épuisement, de soulagement et de fierté difficile à décrire. C’est un feeling que nous n’oublierons jamais.

Pourquoi le mois de mai marque le début du prime time


Après avoir évalué la destination, nous avons retenu le mois de mai comme une période particulièrement intéressante pour découvrir cette pêche. À cette période, de grands bancs de petits poissons fourrage, souvent appelés sardines dans la région, sont régulièrement observés le long de la côte.

Leur présence attire plusieurs prédateurs, notamment les voiliers. Selon les observations saisonnières du lodge, la pêche côtière atteint aussi un de ses meilleurs moments, avec de belles possibilités pour le roosterfish et les gros vivaneaux.

Des thons jaunes peuvent être rencontrés dans le secteur toute l’année, mais leur abondance et leur activité varient selon les conditions. Partir en mai permet donc de combiner leur recherche avec une pêche très diversifiée, autant près de la côte qu’au large.


Ce que nous retenons du Darién

Au départ, notre mission était simple : comprendre la destination dans son ensemble. Pourtant, ce que nous retenons dépasse largement la logistique, les installations et même la pêche.

Dans le Darién, l’aventure commence bien avant le premier lancer. Elle se trouve dans le survol de la jungle, dans le trajet en bateau le long d’une côte presque inhabitée et dans l’attente devant une mer où tout peut changer en quelques secondes.

Le Darién ne se résume donc pas au poisson que nous avons ramené au bateau. Ce qui reste, c’est le sentiment d’avoir passé quelques jours dans un territoire qui impose encore son propre rythme.


Questions fréquentes sur la pêche dans le Darién

Quelles espèces sont présentes dans le Darién?

On peut notamment y rechercher le thon jaune, le roosterfish, le cubera snapper, le voilier et le marlin. Les possibilités varient selon la période et les conditions.

Quelle est la meilleure période pour pêcher dans le Darién?

La pêche est possible toute l’année, mais chaque période favorise certaines espèces. Selon les observations saisonnières du lodge, mai est particulièrement intéressant pour les voiliers, la pêche côtière et la diversité générale. Des thons jaunes peuvent être rencontrés toute l’année, mais leur abondance varie selon les conditions.


Pourquoi la pêche est aussi variée dans le Darién?

Le relief côtier permet de passer rapidement des zones rocheuses propices aux espèces côtières aux eaux profondes fréquentées par des poissons pélagiques. Les possibilités changent selon les courants, la météo et la saison. Envie de vivre cette aventure vous-même? Découvrez notre voyage de pêche au Darién et réservez votre place.


 
 
 

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